Eight months after they left us alone, two species made a spectacular return to the archipelago in these past weeks: Adélie penguins and human beings. Paradoxically, the birds came by ice - hundreds of black dots spread over the ice-sheet in a much messier and more frenzied way than the emperor penguins, in April - and the humans by air.
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Huit mois après nous avoir laissés seuls, deux espèces ont fait un retour spectaculaire à l'archipel ces dernières semaines: les manchots Adélie et les êtres humains. Paradoxalement, les oiseaux sont arrivés par la glace - des centaines de points noirs dispersés sur la banquise d'une manière bien plus désordonnée et frénétique que les empereurs, en Avril - et les humains par air.
Thirty of them flew aboard helicopters that transferred passengers and some cargo from the Astrolabe ship, which approached the base at the beginning of the month, but could not yet reach it nor even come close enough to be in sight (it is not an ice-breaker, strictly speaking). A dozen more flew on the magnificent refitted DC-3 that a Canadian company operates between several Antarctic bases in the Summer, and which was the third plane to use the landing strip at D10, five kilometres into the continent from Prudhomme base, after two Australian planes making a stop on their way to Casey base.
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Une trentaine d'entre eux ont volé à bord des hélicoptères de transfert de passagers et de fret depuis l'Astrolabe, qui a approché la base au début du mois, sans pouvoir passer la barre des cent kilomètres (ce n'est pas un brise-glace à strictement parler). Une douzaine d'autres sont arrivés à bord du magnifique DC-3 reconditionné et mis en oeuvre par une entreprise canadienne entre plusieurs bases antarctiques en été, qui était le troisième appareil à atterrir sur la piste de D10, cinq kilomètres à l'intérieur du continent depuis la base Prudhomme, après deux avions australiens faisant escale avant de rejoindre la base Casey.
The islands and the sky again resonating with the cries of the Adélies and other species of (flying) birds, the relentless trips of vehicles to and from Prud'homme base to prepare the raids to Concordia: what a sudden end to our isolation ! What a quick transition from Winter to Spring, for the over-winterer who had got used to an unbroken quietness and stillness... only our wintering companions, the emperor penguins and their now tall chicks, do not seem to be troubled by all these changes.
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Les îles et le ciel qui résonnent à nouveau des cris des Adélies et d'autres espèces d'oiseaux (volant), les allers-retours incessants de véhicules entre ici et la base Prud'homme pour préparer les raids vers Concordia: quelle fin soudaine à notre isolement ! Quelle transition rapide entre l'hiver et le printemps, pour l'hivernant qui s'était habitué au silence et à l'immobilité... seuls nos compagnons d'hivernage, les manchots empereurs et leurs poussins maintenant grands, ne semblent pas troublés par tous ces changements.
Far away at sea, according to the satellite pictures, an acceleration in the breaking up of the ice is taking place: the large area of free water to the West now extends almost down to the coast, splitting 'our' large chunk of ice (see previous post 'Forces') in two pieces. The free water is still too far to be seen from the top of île des Pétrels, but not from the landing strip at D10 on the continent, 250 metres above ice level, as a very thin dark blue stripe between the white ice and the blue sky (in the background on the first picture of the plane). For several weeks, it has also been projecting an interesting deep blue to purple patch over the horizon when a uniform layer of clouds serves as a screen (hereabove, seen from île du Dépôt, one of the first islands the first French polar expeditions landed on in the fifties): this phenomenon has in fact been known and used by polar explorers for centuries to navigate and make their way in the ice pack.
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Loin en mer, si l'on en croit les images satellites, une accélération de la débâcle est en cours: la grande zone d'eau libre à l'ouest s'étend presque jusqu'à la côte, découpant 'notre' grand bout de glace (voir le post 'Forces') en deux. L'eau libre est toujours trop loin pour être visible depuis le sommet de l'île des Pétrels, mais pas de la piste d'atterissage à D10 sur le continent, 250 mètres au-dessus du niveau de la glace, où elle apparaît sous forme d'une fine rayure bleu profond entre le blanc de la glace et le bleu du ciel (en arrière-plan sur la photo de l'avion à l'atterissage). Depuis plusieurs semaines, elle projette également une longue tache bleu profond au-dessus de l'horizon lorsqu'une couche uniforme de nuages fait office d'écran (ci-dessus, vue de l'île du Dépôt, l'une des premières îles où les premières expéditions polaires françaises ont abordé dans les années cinquante): ce phénomène est connu et utilisé depuis plusieurs siècles par les explorateurs polaires pour naviguer et se frayer un chemin dans le pack.
In the immediate surroundings of the archipelago, several small polynias (patches of free water in the middle of the ice-sheet) have also developed, and many icebergs are now out of reach, surrounded by tricky ice-pack: we shall never walk by them again. All the area in front of the Astrolabe glacier has been declared unsafe for hiking. It is now clear that, because of the high temperatures (more than -5°C) in the past weeks, the effects of the glacier's push and of erosion by currents around islands and reefs are not anymore counterbalanced by the formation of fresh ice; as a result the whole ice-sheet - now deprived of its layer of snow over large areas where the typical greenish-gray color of sea ice is now revealed, is slowly rotting from underneath under the rays of the powerful Summer sun... only awaiting the next proper storm that shall most probably tear it into thousands of pieces in a matter of hours.
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Dans les environs immédiats de l'archipel, plusieurs polynies (trous d'eau au milieu de la banquise) se sont développées, et de nombreux icebergs sont maintenant hors d'atteinte, entourés d'un pack piégeux: nous ne les frôlerons plus jamais à pied. Toute la zone dans l'alignement du glacier de l'Astrolabe a été déclarée impropre aux randonnées. Il est maintenant clair qu'en raison des températures élevées (plus de -5°C) de ces dernières semaines, les effets combinés de la poussée du glacier et de l'érosion par les courants autour des îles et récifs ne sont plus compensés par la formation de glace fraîche; la banquise entière, maintenant privée de sa couche de neige sur de grandes surfaces où se révèle la couleur caractéristique gris verdâtre de la glace de mer, est en train de lentement pourrir par en-dessous, sous les rayons du puissant Soleil d'été... n'attendant plus que la prochaine tempête digne de ce nom pour très probablement, en l'espace de quelques heures, se fbriser en mille morceaux.
Meanwhile, yours truly cannot but acknowledge the complete vanishing of the freezing yet unspeakably sweet polar nights which were the stage for so many private performances of an ever-renewed, immense dialog between the sky and the ice... such as the setting of Venus behind (in ?) the glacier's crevasses, a few weeks ago.
It is the end of an era !
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Dans le même temps, votre serviteur ne peut que constater la disparition maintenant complète des nuits polaires glaçantes et pourtant ineffablement douces, qui furent le théâtre de tant de représentations privées d'un immense huis-clos toujours renouvelé entre le ciel et la glace... tel ce coucher de Vénus derrière (dans ?) les crevasses du glacier, il y a quelques semaines.
C'est la fin d'une époque !
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