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Centrale
31 January 2008 | Blogroll | No Responses
Water and electricity: two vital networks whose veins irrigate the fragmented habitat on the île des Pétrels. The heart at Dumont d'Urville: "la centrale", both a power station and a drinkable water production centre. A humming and rattling thing made of diesel engines, cables, tanks, pipes, pumps and valves. Even with two back- up generqtors, it is essential to avoid any power disruption; very much like aboard a ship in the middle of the ocean, it is not only a question of comfort but of the safety of the never-ending, immobile and non-stop journey - its passengers can indeed only rely on the "in- flight" refuelings of the Astrolabe - of the base through the ruthless winds of Antarctica, that would not need more than a few minutes to freeze and break pipes and valves in case of a prolonged failure of the heating system. That is why the beast must be monitored 24 hours a day, 7 days a week. The "night service" takes place from 6 pm to 6 am: what better way to spend a Sunday night when one has got a thousand photos to sort ?
The 150-square-metre building looks no different from any other in the base, except that its windows are always lit at night, and that it is surrounded by nine orange tanks (fuel) and three white tanks (drinkable water). Inside, three flashy yellow, toy-like diesel generators, about the size of a truck engine each; several large electrical panels with a respectable collection of dials, buttons and displays; and a maze of pipes and cavities, known as "the boiler". Nothing really large and impressive like what one would instantly associate with the term "power station", or "engine room" for an average ship: just something that feels properly sized for the job, yet large enough to inspire confidence.
On top of the electrical panels, three rotating lights: red, blue, orange. In the neighbouring office, two boxes with numerous diodes and labels next to them. If a light is triggered and a siren goes off, according to its colour and the combination of diodes that light up simulataneously, one of the five persons in charge of the beast's various organs must be woken up, unless it is one of the fire alarms - these are also centralized in this place. Every two hours, the beast's health must be probed by wandering through the engine room, reading twenty or thirty dials and gauges and writing down voltages, temperatures, pressures and flow rates.
In addition to the thrill of the night watcher, who enjoys this very privileged and intimate relation to the world when all except himself retire temporarily into their own inner one, a night at "la centrale" provides an occasion to witness first-hand the isolation and fragile position of the base. Sitting at the desk in the office, looking towards the engine room, the situation is strikingly clear: on one side, the Circumpolar Current and its -1°C water, and the icy landscape, with this sort of mysterious splendor made of attraction and silent threat, which characterizes places that are not made for men to live in them; on the other side, the dispersed living space of a few dozens of human beings on a one-kilometer rock. Between the two, a complicated mechanism of steel and rubber and its few cubic inches of combustion chambers, carefully controlled by fine-tuned electronics, thriving to maintain a cocoon of warmth and electricity to protect the latter from the ruthlessness of the former.
In an atmosphere which mixes this sense of isolation, the reassuring basso ostinato of the engine and the strange impression of being shifted conveyed by watching, in such an environment, some old samples of a nineties' TV show, found deep inside a harddisk on the local computer network, the night passes very quickly. Some good music, a couple of bumpy roundtrips to the kitchen via a hundred metres of walkways swept by a fifty-knot katabatic wind, which produces a resonating and vibrating noise against the walls and structure of the dark and deserted canteen; a particularly interesting sunrise created by the patchwork of different textures and shades of the storm's clouds; the show of the Adélie chicks gathering in groups of 10 or 15 to fight the wind; added to the enthousiasm of a newly arrived polar resident who tends to build much too long sentences, these are just some of the ingredients that give the final touch to turn a night at "la centrale" into a quasi- mystical experience...
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Eau et électricité: deux réseaux vitaux, dont les veines irriguent l'habitat dispersé sur l'île des Pétrels. Le coeur à Dumont d'Urville: "la centrale", à la fois centrale électrique et centre de production d'eau potable. Une chose ronronnante et cliquetante à base de moteurs diesel, câbles, réservoirs, tuyaux, pompes et valves. Même avec deux générateurs de secours, il est essentiel d'éviter toute coupure de courant; tout autant qu'à bord d'un navire en haute mer, il n'en va pas seulement du confort mais de la sécurité du voyage immobile et pourtant sans escale - ses passagers ne peuvent en effet compter que sur les ravitaillements "en vol" de l'Astrolabe - de la base à travers les vents de l'Antarctique, auxquels il ne faudrait pas plus de quelques minutes pour geler et briser tuyaux et valves en cas d'arrêt du chauffage. C'est pourquoi la bête doit être surveillée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Le service de nuit a lieu de 6 heures du soir à 6 heures du matin: quelle meilleure manière d'occuper son dimanche soir quand on a un millier de photos à trier ?
Le bâtiment de 150 mètres carrés ne se distingue pas particulièrement des autres, n'étaient ses fenêtres toujours allumées la nuit, et les neuf réservoirs oranges (fuel) et les trois blancs (eau) qui l'entourent. A l'intérieur, trois générateurs diesel comme trois gros jouets de petit garçon de couleurs vives, de la taille d'un moteur de camion chacun; plusieurs grands panneaux électriques avec une collection respectable de compteurs, boutons et écrans; et un labyrinthe de tuyaux et de cavités, affublé du nom plutôt terre-à- terre de "bouilleur". Rien de vraiment gros et impressionnant comme dans les images qu'évoque le terme de "centrale électrique", ou celui de "salle des machines" pour un navire même de taille moyenne: une installation bien dimensionnée, juste assez grande pour inspirer confiance.
Au sommet des panneaux électriques, trois gyrophares: rouge, bleu, orange. Dans le bureau voisin, deux boîtes remplies de diodes et leurs étiquettes identificatrices. Si un gyrophare se déclenche en même temps qu'une sirène retentit, et en fonction de sa couleur et de la combinaison de diodes qui s'allument de concert, une des cinq personnes en charge des différents organes de la bête doit être réveillée; a moins qu'il ne s'agisse d'une des alarmes incendies, également centralisées à cet endroit. Toutes les deux heures, la bête est auscultée et sa santé évaluée à l'occasion d'une promenade à travers la salle des machines: vingt ou trente compteurs et manomètres sont scrutés, autant de tensions, températures, pressions et débits sont notés.
En plus du frisson du veilleur de nuit, qui jouit de cette relation si privilégiée et intime avec le monde lorsque tous sauf lui- même se retirent pour un temps dans le leur, une nuit à la centrale fournit l'occasion de se rendre compte en première ligne de l'isolement et de la posture fragile de la base. Assis dans le bureau, le regard dirigé vers la salle des machines, la situation apparaît de manière frappante: d'un côté, le courant circumpolaire et son eau à -1°C, et le paysage glacé, avec cette espèce de splendeur mystérieuse faite d'attraction et de menace silencieuse, propre aux endroits qui ne sont pas faits pour l'homme; de l'autre, l'espace de vie morcelé de quelques dizaines d'êtres humains sur un rocher d'un kilomètre. Entre les deux, un méchanisme d'acier et de caoutchouc et ses quelques petits décimètres cubes de chambres de combustion, qui s'acharnent à maintenir, sous le contrôle attentif d'une électronique finement réglée, un cocon protecteur de chaleur et d'électricité autour du second contre les rigeurs du premier.
Dans une atmosphère qui associe ce sentiment d'isolement, le basso ostinato rassurant du moteur et l'étrange impression de décalage inspirée par le visionnage, dans un tel environnement, de quelques vieux extraits d'une émission de télévision des années quatre-vingt- dix retrouvés au fin fond d'un disque dur sur le réseau informatique local, la nuit passe très vite. Un peu de bonne musique, quelques allers-retours agités à la cuisine via cent mètres de passerelles balayées par cinquante noeuds de vent catabatique, lequel fait vibrer et résonner les murs et la structure de la cantine déserte et sombre; un lever de soleil particulièrement intéressant dû au patchwork de textures et de teintes des nuages, et le spectacle des poussins Adélie qui se regroupent à 10 ou 15 pour lutter contre le vent; ajoutés à l'enthousiasme d'un résident polaire fraîchement arrivé et qui a tendance à construire des phrases beaucoup trop longues, voilà seulement quelques-uns des ingrédients qui finissent par transformer "une nuit à la centrale" en une expérience quasi-mystique...
.Panoramic
22 January 2008 | Blogroll | No Responses
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A 360-degree panoramic view of the main buildings of Dumont d'Urville base on Sunday, January 20th 2008 at 11.30 pm. Drag and drop to navigate within the picture after opening it. Quicktime is required.
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Vue panoramique à 360 degrés des bâtiments principaux de la base Dumont d'Urville, le dimanche 20 janvier 2008 à 23 h 30. Cliquer-glisser pour naviguer dans l'image après son ouverture. Quicktime est nécessaire.
.Animals
20 January 2008 | Blogroll | No Responses
There have been slightly less humans at Dumont d'Urville in the past few days: some of them moved their quarters to Cap Prud'homme - a secondary base 5 kms away, on the continent, where the raids to Concordia are prepared -, others are away on the Astrolabe that left the base last week for a scientific campaign in the region. But as far as animals are concerned, the area seems to be getting busier every day !
With such an intense light during the day, 9 pm to late at night is the time period favoured by photographers, when the colours are the most diverse and the shadows reveal all the intricate, gothic architecture of the ice cliffs and icebergs. That was about the time when a little team set off yesterday, towards a group of seals that had been lying for a few days on one of the last places where the ice is still walkable, only a couple of minutes away: between the ile des Petrels and the ile du Lion, a passage which is relatively protected from the waves.
;It was certainly one of the last days that one could safely cross the passage by foot: many rifts were to be seen between the ice floes, while some of the latter were already gently rolling along with the waves hidden underneath, producing some fascinating cracking, hissing and whistling sounds as the pressure builds up and drops (audio samples above)... a perfect place for a good nap, according to many a seal and one has to agree with them.
There is no more placid and peaceful animal, at least on (floating) land: almost undisturbed by the noisy visitors about them, the most interest they would display is in turning their head and opening their large round eyes in a mysterious expression, as if to say: why bother ?
The more nervous and wary Adélie penguins also wander in this part of the archipelago. While lying on the ice to get a better angle with his camera, a fellow photographer awoke the curiosity of a surprisingly bold individual: point is, a horizontal human being is less scary that a vertical specimen.
That is when the whole group turned their eyes to the same direction: two large black triangles had been spotted a few hundred metres away, at the tip of the ile du Lion, sticking out of the free water between the continent and the island. Killer whales... a few minutes later, a safe way was found through the landscape of twisted ice - some bits rising up to several metres - and cameras were running.
The couple of killer whales were having a rest along the edge of the ice floes, passing several groups of unimpressed penguins, while numerous skuas where monitoring the situation from above, probably in case the large predators would feel like hunting and leave some pieces of meat behind...
But the whales were in a peaceful mood. Until late after midnight, they kept many photographers busy, reaching for the surface every five minutes to breathe and realease two magnificent streams of water vapour against the fascinating background made of the 50-metre cliffs of the glacier de l'Astrolabe...
On the way back, the never-ending sunset is still playing with colours around an arch-shaped iceberg.
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Il y a un peu moins d'humains à Dumont d'Urville depuis quelques jours: certains ont déplacé leurs quartiers à Cap Prud'homme - la base secondaire à 5 kms de distance, sur le continent, où sont préparés les raids pour Concordia -, d'autres sont à bord de l'Astrolabe qui a quitté la base la semaine dernière pour une campagne scientifique dans la région. Mais pour ce qui est des animaux, l'activité locale semble s'intensifier de jour en jour ! Sans compter les manchots Adélie et leurs poussins qui feront l'objet d'un autre post, d'autres visiteurs plus occasionnels ont été aperçus récemment.
Avec une lumière tellement intense dans la journée, la période favorite des photographes est de 9 h du soir à tard dans la nuit, quand les couleurs sont les plus variées et les jeux d'ombres révèlent toute l'architecture gothique complexe des falaises de glace et des icebergs. C'est à peu près à cette heure qu'une petite équipe a quitté la base hier, se dirigeant vers un groupe de phoques qui étaient étendus depuis quelques jours dans un des derniers endroits où l'on puisse marcher sur la glace de mer, à quelques minutes seulement: entre l'île des Pétrels et l'île du Lion, un passage relativement protégé des vagues.
C'était certainement l'un des dernier jours où l'on pouvait traverser le passage à pied: beaucoup de failles sont visibles entre les plaques de glace, tandis que certaines d'entre elles ont déjà commencé un léger mouvement de roulis au rythme des vagues dissimulées au-dessous, produisant de fascinants craquements, chuintements et sifflements à mesure que la pression s'accumule ou se relâche (extraits sonores ci-dessus)... un endroit parfait pour une bonne sieste, de l'avis de beaucoup de phoques et l'on ne peut que leur donner raison.
Il n'y a pas d'animal plus placide et paisible, tout au moins sur le sol (flottant): à peine dérangés par les visiteurs bruyants tout autour d'eux, tout au plus concèdent-ils à tourner la tête ou ouvrir leurs grands yeux ronds avec une expression mystérieuse qui semble dire: pourquoi s'embêter ?
Les manchots Adélie, plus nerveux et plus méfiants, fréquentent également cette partie de l'archipel. En s'allongeant sur la glace à la recherche d'un meilleur angle avec son appareil, un camarade photographe a éveillé la curiosité d'un individu étonnamment audacieux: il faut dire qu'un humain horizontal est moins effrayant qu'un spécimen vertical.
C'est alors que tous les yeux du groupe se sont tournés dans la même direction: deux grands triangles noirs venaient d'être repérés à quelques centaines de mètres, au bout de l'île du Lion, émergeant de l'eau libre entre le continent et l'île. Des orques... quelques minutes plus tard, une voie sûre a été trouvée à travers un paysage de glace tordue jusqu'à plusieurs mètres de hauteur par la pression et les appareils étaient en fonctionnement.
Le couple d'orques se reposaient le long du bord des plaques de glace, dépassant plusieurs groupes de manchots peu impressionnés, tandis que de nombreux skuas surveillaient la situation d'en haut, probablement au cas où les grands prédateurs auraient été pris d'une envie de chasser, délaissant quelques morceaux de viande au passage...
Mais les orques étaient d'humeur pacifique. Jusqu'à tard après minuit, ils occupèrent beaucoup de photographes, faisant surface toutes les cinq minutes pour respirer et projeter deux magnifiques jets de vapeur d'eau, sur l'arrière-plan fascinant constitué par les falaises de 50 mètres du glacier de l'Astrolabe…
Sur le chemin du retour, le coucher de Soleil sans fin produit encore quelques jeux de couleurs en direction d’un iceberg en forme d’arche.
Arrival
11 January 2008 | Blogroll | 4 Responses
25 flight hours, 20 hours of waiting in airports and six days at sea, combined with the resulting jet lag and reinforced by the disappearance of the night... plus some busy first days on the base, are the main reasons for this very late update of the blog !
Choosing a picture to try and summarize the first impressions is a puzzle. The weather has been splendid for 4 days, and this landscape is extremely sensitive to the change of the angle of incidence of the sun rays throughout the never-ending day; the snow, the ice of different types and ages, the ocean and the numerous facets of the icebergs, of all sizes, the bits of broken ice pack and the crevassed glaciers are the ingredients for an endless play with shadows and reflections, while the colour of the water, here half-frozen, there riddled by small waves, rapidly fluctuates between light turquoise, dark blue, gray; combined with dramatic changes in the location, aspect and quantity of the broken ice pack as a function of the tide and wind and the extremely slow drift of the icebergs, all these elements create a fascinating, not only magnificent but also ever- changing landscape. Even the most enthusiastic photographer cannot help feeling a bit helpless...
The dormitory is beautifully located for one to enjoy the view, 45 meters above the water. From the window of yours truly (picture above), one feels like being in the control tower for an incredibly complex, giant and slow ballet of white monsters, whose farthest members lie dozens of miles away !
In the direction of the continent, the sun only disappears for a couple of hours behind the edge of the huge dome of ice, only to produce various beautiful shades of pink or purple above the horizon, that complicate even more the light effects with water in all its states.
After its third journey through the rough Southern Ocean and a final majestuous slalom between icebergs and some loose ice pack this season (more on the Astrolabe experience in later posts !), the Astrolabe had been resting for a few days along the piste du Lion next to the île des Pétrels (picture above), waiting to have its guts fully emptied by the restless helicopter; it has just left again today, carrying on with an oceanographic campaign along the Antarctic coast for the next ten days.
The atmosphere on the base is quite hectic during the summer campaign, with more than three times more people than the number who will stay over winter. The Adélie penguins are litterally everywhere between the buildings and on the unoccupied rocks, preparing their chicks for their future life; or they are walking their way to the ocean in huge numbers across the remaining ice sheet west of the archipelago, following some network of penguin highways whose physical marking remains mysteriously invisible to the human eye.
On the islands, the big skuas are always nearby and will dive on any isolated Adélie chick if they can; they are also more than ready to defend their own eggs as soon as they feel threatened, as the bold antarctic explorer gets to learn very soon... when the skua starts its scary and noisy dive, the only way to avoid painful knocks on the head is to raise one's gloved hand above it, as the skua always hits the highest point !
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25 heures de vol, 20 heures d'attente dans les aéroports et six jours en mer, combinés avec le décalage horaire résultant et renforcé par la disparition de la nuit... plus quelques premiers jours très occupés sur la base, sont les principales raisons pour le retard dans la mise en jour du blog !
Le choix d'une image pour essayer de résumer les premières impressions est un casse-tête. Le temps est splendide depuis 4 jours, et ce paysage est extrêmement sensible au changement de l'angle d'incidence des rayons solaires au cours du jour qui ne finit jamais; la neige, la glace de différents types et de différents âges, l'océan et les innombrables facettes des icebergs, de toutes tailles, les morceaux de banquise brisés et les glaciers percés de crevasses sont les ingrédients d'un jeu sans fin avec les ombres et les reflets, tandis que la couleur de l'eau, ici à demi gelée, là agitée de vaguelettes, fluctue rapidement entre le turquoise clair, le bleu foncé, le gris; combinés avec des changements spectaculaires de l'emplacement, l'aspect et la quantité de banquise brisée en fonction de la marée et du vent et la dérive très lente des icebergs, tous ces éléments produisent un paysage fascinant, non seulement magnifique mais aussi en perpétuel renouvellement. Même le plus enthousiaste des photographes ne peut s'empêcher de se sentir un peu désemparé...
Le dortoir est superbement situé pour qui veut profiter de la vue, 45 mètres au-dessus de l'eau. Depuis la fenêtre de votre serviteur (image ci-dessus), on a le sentiment d'être dans la tour de contrôle d'un ballet géant et incroyablement complexe de monstres blancs, dont les membres les plus éloignés sont à des dizaines de kilomètres !
En direction du continent, le soleil disparaît seulement pour quelques heures derrière le bord de l'immense dôme de glace, juste assez pour produire de magnifiques teintes de rose ou de violet au- dessus de l'horizon, qui compliquent encore plus les effets de lumière avec l'eau dans tous ses états.
Après son troisième voyage à travers le rude océan austral et un majestueux slalom final entre les icebergs et à travers des restes de banquise cette saison (plus d'informations sur l'expérience Astrolabe dans des posts ultérieurs !), l'Astrolabe se reposait le long de la piste du Lion à côté de l'île des Pétrels (image ci-dessus), dans l'attente de voir ses entrailles complètement vidées par les rotations incessantes de l'hélicoptère; il vient de repartir aujourd'hui, poursuivant avec une campagne océanographique le long de la côte Antarctique ces dix prochains jours.
L'atmosphère sur la base est très animée au cours de la campagne d'été, avec plus de trois fois plus de personnes que le nombre final d'hivernants. Les manchots Adélie sont littéralement partout entre les bâtiments sur les rochers inoccupés, préparant leur poussins à leur vie future; ou ils sont en marche vers l'océan en grand nombre à travers le reste de banquise à l'ouest de l'archipel, suivant un réseau d'autoroutes à manchots dont le marquage reste mystérieusement invisible à l'oeil humain.
Sur les îles, les grands skuas sont toujours à proximité et profiteront de la moindre occasion pour plonger sur un poussin Adélie isolé; ils sont aussi plus que prêts à défendre leurs propres oeufs s'ils se sentent menacés, comme l'explorateur antarctique l'apprend très rapidement... quand le skua débute son plané effrayant et bruyant, la seule manière d'éviter de douloureux coups sur la tête est de lever une main gantée au-dessus, car le skua frappe toujours le point le plus haut !