Archives for December 2007

90,000,000

Hong Kong

That's the ratio between the population density in Hong Kong (6352 per square kilometer) and in Antarctica (0.00007 per square kilometer, on average over a year). How paradoxical to stop in the third highest-density area in the world on the way to the only continent on Earth with no permanent residents !

Cars, trams, malls, signs, skyscrapers, piers, walls of air conditioners, pipes, wires, giant screens... now is the time to intoxicate oneself with some extreme levels of human activity; such impressions shall not be refreshed for a full year...

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C'est le rapport entre la densité de population à Hong Kong (6352 par kilomètre carré) et en Antarctique (0.00007 par kilomètre carré, en moyenne sur une année). Quel paradoxe de faire étape dans le troisième endroit le plus densément peuplé du monde, en chemin vers le seul continent sur Terre sans résidents permanents !

Voitures, tramways, centres commerciaux, enseignes, gratte-ciels, jetées, murs de climatiseurs, tuyaux, câbles, écrans géants... c'est maintenant le moment de s'enivrer de niveaux extrêmes d'activité humaine; de telles impressions ne seront pas rafraîchies pendant une année entière...

Above

Everything is quiet aboard flight CX260 above Kazakhstan... A pair of headphones reveals the hidden radio stations in the electronic armrest.

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Tout est silencieux à bord du vol CX260 au-dessus du Kazakhstan... Une paire d'écouteurs révèle les stations de radio cachées dans l'accoudoir électronique.

Delay (2)

Image satellite DDU 11/12/07

There is exceptionally still quite a lot of ice around Dumont d'Urville this Summer (above: a satellite image of the surroundings of the base - small DUR label - dated December 11th), enough to stop the Astrolabe for a couple of days from getting all the way there.

This slight delay means that the departure of R2 will also be shifted by two days, and so will be the flight of yours truly to Australia. Two more days to wait, but the good side is that with some luck there will still be some loose ice pack in one week on the way to Terre Adélie, making the landscape more picturesque and the arrival more dramatic than usual at this period.

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Il y a toujours une quantité assez exceptionnelle de glace autour de Dumont d'Urville cet été (ci-dessus: une image satellite des environs de la base - située au niveau du petit repère DUR - datée du 11 décembre), suffisamment pour empêcher l'Astrolabe de s'y rendre pendant quelques jours.

Ce léger retard implique que le départ de R2 sera aussi décalé de deux jours, ainsi que le vol vers l'Australie de votre serviteur. Deux jours d'attente en plus, mais le bon côté est qu'avec un peu de chance, il y aura toujours un peu de pack sur le chemin de la Terre Adélie dans une semaine, rendant le paysage plus pittoresque et l'arrivée encore plus spectaculaire que d'habitude à cette période.

Disconnected

Disconnected...

James and Hudson rigged the wireless in the hope of hearing the monthly message from the Falkland Islands. This message would be due about 3.20 a.m. on the following morning, but James was doubtful about hearing anything with our small apparatus at a distance of 1630 miles from the dispatching station. We heard nothing, as a matter of fact, and later efforts were similarly unsuccessful. The conditions would have been difficult even for a station of high power.

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The wireless apparatus was still rigged, but we listened in vain for the Saturday-night time signals from New Year Island, ordered for our benefit by the Argentine Government. On Sunday the 28th, Hudson waited at 2 a.m. for the Port Stanley monthly signals, but could hear nothing. Evidently the distances were too great for our small plant.

Sir Ernest Shackleton, South, The Endurance Expedition, 1919

It is fascinating to try and picture these men focused on their primitive radio equipment, lost in a huge landscape that they were the first to see, anxiously hoping to detect weak man-made electromagnetic waves, carrying what now looks to us like such a small amount of information, but meant so much to them - a "Saturday-night time signal". Nowadays, telecommunications in Antarctica have greatly improved, but the links are still comparatively thinner and weaker than the gobal standards.

After telephone, e-mail has recently made it to Terre Adélie, giving a different twist to the wintering experience altogether. But web access itself has not reached the Ile des Pétrels.

In a time when overwhelming quantities of information and intricate online social networks make eyes stare at screens for hours every day and even have created a new addiction, it may appear as a privilege for a place in the world to remain internet-free. In such places, one has the opportunity to focus on the physical world in close proximity and what it has to offer, on one's "lower-frequency" thoughts, and on the people here and now.

It is even more true in Antarctica, where Nature is powerful enough to impose its laws to a small group of human beings immersed in it, and demand their permanent attention. Even though e-mails will very likely sound like distant echoes compared to the powerful voice of the wind, I will surely sollicitate friends and readers of this website to help me catch a glimpse of the buzzing outside world...

In the meantime, the end-of-year special issues of newspapers aimed at providing an outlook on the year to come (picture above) suddenly appear as a very useful tool for the soon-to-be-disconnected... That's probably one selling argument that their editors had not thought of !

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James et Hudson installèrent la sans-fil dans l'espoir d'entendre le message mensuel des Iles Falkland. Ce message était prévu pour environ 3:20 le matin suivant, mais James doutait que l'on entende quoi que ce soit avec notre petit équipement à une distance de 1630 milles de la station émettrice. De fait, nous n'entendîmes rien, et des efforts ultérieurs n'eurent pas plus de succès. Les conditions auraient été difficiles même pour une station de puissance supérieure.

[...]

L'équipement sans-fil était toujours en place, mais nous tentâmes sans succès d'entendre les signaux temporels du samedi soir de New Year Island, commandés pour notre bénéfice par le gouvernement argentin. Le dimanche 28, Hudson attendit à 2 h du matin les signaux mensuels de Port Stanley, mais ne put rien entendre. Il était évident que les distances étaient trop grandes pour notre petite centrale.

Sir Ernest Shackleton, South, The Endurance Expedition, 1919

Il est fascinant d'essayer de se représenter ces hommes concentrés sur leur équipement radio primitif, perdus dans un paysage énorme qu'ils étaient les premiers à voir, et espérant détecter de faibles ondes électromagnétiques émises par l'homme, transportant ce qui nous paraît maintenant une si petite quantité d'information, mais signifiait tant pour eux - un "signal temporel du samedi soir". De nos jours, les télécommunications en Antarctique se sont largement améliorées, mais les liens demeurent relativement plus ténus et plus fragiles que les standards mondiaux.

Après le téléphone, l'e-mail a récemment fait son apparition en Terre Adélie, donnant une nouvelle saveur à l'expérience de l'hivernage. Mais l'accès web n'a pas encore atteint l'Ile des Pétrels.

A une époque où des quantités insurmontables d'information et de complexes réseaux sociaux en ligne rivent les yeux à des écrans pendant des heures chaque jour et ont même créé une nouvelle dépendance, on peut voir comme un privilège le fait pour un lieu de demeurer à l'écart d'internet. Dans de tels endroits, on a l'opportunité de se concentrer sur le monde physique immédiat et ce qu'il a à offrir, sur ses pensées à plus "basses fréquences", et sur les personnes présentes ici et maintenant.

C'est encore plus vrai en Antarctique, où la Nature est assez puissante pour imposer ses lois à un petit groupe d'êtres humains immergés en son sein, et exiger leur attention permanente. Même si les e-mails sonneront très probablement comme de lointains échos par rapport à la puissante voix du vent, je solliciterai certainement les amis et les lecteurs de ce site pour m'aider à entr'apercevoir la frénésie du monde extérieur...

D'ici là, les éditions spéciales de journaux destinées à anticiper sur l'année à venir (photo ci-dessus) prennent soudain l'apparence d'un outil très utile pour qui sera bientôt déconnecté... Voilà un argument commercial auquel leurs éditeurs n'avaient probablement pas pensé !